En 2008, Tobias Sammet recrée Avantasia avec l’album The Scarecrow et un nouveau concept laissant tomber l’Heroic Fantasy. Pour le reste, la formule reste à peu près identique, à savoir un concept album servi par un casting prestigieux. Et maintenant que les présentations sont terminées, il est temps de parler de sa suite, The Wicked Symphony, sorti en Avril 2010. Le premier contact avec l’album est très positif. En effet, le morceau titre ouvrant l’album est des plus réussis, et d’après moi une des meilleures compositions de Tobias Sammet. Le refrain est imparable, et fortement appuyé par les voix puissantes de Russell Allen et Jorn Lande. Ce choix de débuter par la chanson la plus épique avait déjà été pris sur The Metal Opera Part. II. Il est assez discutable car, malheureusement, la suite directe est moins glorieuse.

Le second morceau, « Wastelands », est atteint de ce que j’appellerais le « syndrome Sammet ». Comme de nombreux récents morceaux d’Edguy et Avantasia, Tobi compte sur sa facilité à écrire des chansons, sans s’impliquer réellement. L’auditeur se trouve donc avec une impression d’ennui poli. La chanson n’est pas mauvaise, elle est excellemment bien chantée par Michael Kiske, mais jamais elle ne prend aux tripes. Si je m’attarde comme ça sur « Wastelands », c’est parce que cette impression ressortira à plusieurs reprises tout au long de l’écoute de l’album, rien n’est foncièrement mauvais mais sur onze chansons on retrouve finalement peu de perles. Il reste quelques bonnes surprises, notamment le morceau « Scales of Justice », très Heavy, emmené par un excellent Tim ‘Ripper’ Owens (Judas Priest, Iced Earth), ou un duo de Tobi avec Klaus Meine (Scorpions) appelé « Dying for an Angel » qui contient le meilleur refrain de l’album, énergique et mélodique.

The Scarecrow était rempli de ballades parfois ennuyeuses. Une seule est ici à signaler, et elle est d’ailleurs plutôt réussie. Dans un style progressif, « Runaway Train » est selon moi l’une des plus belles ballades écrites par Tobi, ici accompagné par Jorn Lande, Bob Catley et Michael Kiske. Quatre chanteurs pour ce gros morceau de milieu d’album, une belle réussite. Enfin reste « Crestfallen », un ovni qui surprend l’auditeur à la première écoute par ses claviers 80’s très marqués, au point qu’on cherche dans le livret si Emile et Images ont été eux aussi conviés à la fête. L’impression s’estompe assez vite, le morceau est très bon et est le seul à donner une vraie impression de nouveauté dans la musique de Tobias Sammet.

En recomptant, ça fait cinq morceaux vraiment remarquables sur onze. J’insiste, le reste n’est pas mauvais, mais donne une impression de Tobias Sammet en totale roue libre. Ce mec est talentueux, il a la recette pour écrire de bonnes chansons, seulement il l’applique à la lettre, sans ajouter ce soupçon de je-ne-sais-quoi qui transforme un bon morceau en chanson exceptionnelle. On nous annonce pourtant dans le livret : « No fillers » (pas de remplissage). J’ai bien peur qu’il s’agisse d’un mensonge. Vraiment dommage, car on sent bien que lorsque l’inspiration est là, Tobias Sammet est encore capable de nous pondre des bijoux, et qu’il est toujours l’un des plus grands acteurs du Heavy Metal de la décennie. Et bien-sûr, il reste le plaisir d’entendre tous ces guests prestigieux. Un album regroupant entre autres Klaus Meine, Russell Allen, André Matos et Tim Owens ne peut pas être mauvais ;-)

Tracklisting

  • 01. The Wicked Symphony
  • 02. Wastelands
  • 03. Scales Of Justice
  • 04. Dying For An Angel
  • 05. Blizzard On A Broken Mirror
  • 06. Runaway Train
  • 07. Crestfallen
  • 08. Forever Is A Long Time
  • 09. Black Wings
  • 10. States Of Matter
  • 11. The Edge

Site conseillé

Site officiel

Date de sortie

3 Avril 2010

Label / Maison de disque

Nuclear Blast

Line-up

  • Tobias Sammet (chant, Basse)
  • Sascha Paeth (guitare lead et rythmique)
  • Bruce Kulick (guitare lead)
  • Oliver Hartmann (guitare lead)
  • Miro Rodenberg (orchestrations)
  • Felix Bohnke (batterie)
  • Alex Holzwarth (batterie)
  • Eric Singer (batterie)

Les chanteurs invités :

  • Russell Allen
  • Jorn Lande
  • Michael Kiske
  • Tim « Ripper » Owens
  • Klaus Meine
  • André Matos
  • Bob Catley
  • Ralf Zdiarstek