Et pour cause, le monsieur en assure la production et a clairement influencé la démarche artistique du groupe : outre le fait d’avoir signé les paroles d’un morceau (« Precious Dark »), on retrouve plusieurs morceaux accompagnés d’un orchestre symphonique grandiloquent (ça vous rappelle quelque chose ?), ce qui apporte une nouvelle dimension aux morceaux. Nouvelle dimension, car pour ceux qui ne le savaient pas encore, cet album est une sorte de compilations des « meilleurs » morceaux de la carrière d’Indica, réinterprétés pour la première fois en anglais et non plus dans la langue d’origine des finlandaises. Indica nous offre alors un bel aperçu de leur carrière, tout en relevant le défi de réarranger des morceaux pourtant encore récents (certains sont tirés de leur dernier album en finnois daté de 2008).

La réorchestration symphonique offerte à certains morceaux de l’album est évidente dès le morceau d’ouverture de l’album, « Islands Of Lights » qui en quelques secondes permet de faire découvrir Indica aux oreilles des éventuels néophites : des morceaux simples et catchy, un refrain très entêtant, et la voix si particulière de Jonsu : une voix aigue et typée, que les fans de Nightwish avaient d’ailleurs pu découvrir sur la version chantée de « Last Of The Wilds », alias « Erämaan Viimeinen ». La différence entre cette version 2010 et la version originale du morceau (« Vuorien Taa », sorti en 2005 sur l’album « Tuuliset Tienoot ») est saisissante : une production parfaite, un orchestre symphonique tout le long, des chœurs pour appuyer le chant de Jonsu et sur le final du morceau… Le ton est donné ! « Precious Dark » offre une démonstration quasi identique, sans appui de l’orchestre cette fois : inutile, Indica propose ici un morceau tout aussi dynamique et percutant qu’on retient d’emblée, tant le refrain est prenant. L’album continue sa lancée avec trois ballades, d’affilées, concept un peu dur aux premiers abords, mais chacune propose des éléments intéressants : « Children Of Frost » a une ambiance toute particulière, on a vite fait de s’imaginer dans quelques bois sombres du paysage finlandais à entendre la voix de Jonsu retentir de toute part (je m’emballe). Le refrain, encore une fois, reste en tête, et la production est une nouvelle fois impeccable, embellissant ce morceau déjà très beau à l’origine. Belle surprise sur le final du morceau, le refrain est repris une dernière fois par Jonsu et un chœur d’enfants, portant le morceau à son apogée. Une merveille ! « Lila’s Lament », la balade qui suit, se veut plus discrète, moins « démonstrative » mais tout aussi joli, la voix de Jonsu nous portant rapidement dans l’univers de la chanson, accompagnée de guitares acoustiques et de violons. On se surprend vite à accompagner la demoiselle dans les « la la la… » qui concluent cette petite perle. Les « la la la… » semblent être d’ailleurs des paroles fortement appréciées par la chanteuse puisque c’est avec eux que commence « In Passing », la balade suivante. Ce morceau, en particulier connu grâce à la vidéo réalisée par le groupe pour promouvoir la sortie de l’album, est davantage une balade mid-tempo avec un rythme à la batterie appuyé. Les paroles coulent superbement, le passage à l’anglais ne pose aucun problème ici, la traduction est parfaite à entendre. Un très beau morceau une nouvelle fois.

La deuxième partie de l’album débute avec un morceau extrêmement dynamique, « Scissor, Paper, Rock », moins pop que les précédents mais plus rock comme le titre pouvait le laisser sous-entendre. Les guitares électriques sont en effet ici dominantes, et le refrain tout aussi catchy que le reste. C’est peut être le morceau le plus « old school » de l’album, celui que les filles d’Indica n’ont pas forcément cherché à embellir d’orchestre et de décoration. Ce n’est pas un souci car le morceau est cette fois encore très réussi ! « A Way Away », le morceau qui suit et qui a donné son nom à l’album, est une nouvelle balade, la plus intimiste, le chant de Jonsu n’étant accompagné que d’un piano et d’un synthé, ainsi que de quelques chœurs. C’est le seul morceau que l’on a pas envie de chanter avec elle, mais juste de l’écouter, en silence… Une jolie pause entre deux morceaux plus rythmés : car c’est ensuite « Straight And Arrow », morceau qui porte bien son nom, et qui redonne la part belle à l’orchestration, aux chœurs, et à un refrain entêtant (mais qui sera peut être un chouya plus difficile à reprendre, tant il est rapide !). Un clip a d’ailleurs été également tourné pour ce morceau, prenant place à Tokio et signé Denis Goria. « As If », le morceau qui suit, nous plonge dans une ambiance différente : cette chanson, qui ouvrait le précédent album du groupe, revient cette fois en une grande démonstration de ce qu’un orchestre symphonique peut faire à un morceau : ça envoie la purée ! C’est en effet probablement le morceau le plus « Tuomas-isé » de cet album, tant l’orchestre est dominant, seul le chant de Jonsu arrivant vraiment à passer au-dessus, à l’exception peut être du solo de guitare aux deux tiers du morceau. Personnellement, cette version est un régal pour moi, mais certains puristes du groupe pourraient grincer des dents face à une telle surenchère orchestrale. L’album termine sa course avec une dernière et longue balade (près de 8 minutes), intitulée « Eerie Eden », qui a tout à fait sa place en dernière position : le morceau commence doucement, en simple duo « piano – voix », puis va prendre progressivement de l’ampleur pour être ensuite composé de chœurs et de l’orchestre, et une dernière envolée lyrique de Jonsu, magnifique… Enfin, lorsque l’on croit la chanson terminée, le chant suraigu de Jonsu revient rechanter une dernière fois l’air du refrain, accompagné de nouveau uniquement au piano, puis laisse finalement sa place à des violons qui concluent cette balade de toute beauté.

Vous l’aurez compris je pense, cet album est bien à la hauteur de mes espérances ! Il m’a conquis par sa production, les refrains, l’envie de chanter qu’il procure, la mélancolie que peut apporter les balades, et toutes les différentes atmosphères qu’il offre. Pour pointer un peu du doigt le négatif (tentons de rester un peu objectif, tout de même !), on pourra regretter la durée de l’album : seulement 10 morceaux (11 sur l’édition limitée) pour à peine 46 minutes de musique. Et quand on apprécie la discographie du groupe, on aurait bien aimé voir l’album composé de quelques morceaux supplémentaires réinterprétés en anglais (je pense par exemple à « Hämärää », « Ei Enää », « Täältä Pois », ou encore « Viimeinen Jyvä »). Quant au passage du finnois à l’anglais, on s’y fait très bien, même lorsque l’on a l’habitude des versions originales, avec peut être quelques réserves sur le refrain de « Precious Dark », le seul sur lequel j’ai tiqué, trouvant l’interprétation des vers peut être trop découpée… C’est tout le défi de traduire un morceau, il faut arriver à jongler entre le sens qu’on veut donner et le nombre de syllabes autorisé… Mais dans l’ensemble, le pari est réussi, et j’espère vraiment que cet album permettra à Indica d’accroitre sa popularité !

Tracklisting

  • 01. Islands Of Lights
  • 02. Precious Dark
  • 03. Children of Frost
  • 04. Lilja's Lament
  • 05. In Passing
  • 06. Scissor, Paper, Rock
  • 07. A Way Away
  • 08. As If
  • 09. Straight And Arrow
  • 10. Eerie Eden

Site conseillé

Site officiel

Date de sortie

25 Juin 2010

Label / Maison de disque

Nuclear Blast

Line-up

  • Jonsu (chant, violon, guitare)
  • Heini (basse, chant)
  • Sirkku (clavier, chant)
  • Jenny (guitare, chant)
  • Laura (batterie)